août 31, 2003

Quelques observations, comme ça, en passant, hop!

Je ne sais si vous avez vu ce reportage (vidéo) présenté au Téléjournal de Radio-Canada (et repris toute la journée sur les ondes de RDI) portant sur ce tragique incendie dans un immeuble à logements qui a fait 13 morts à Taipei, à Taiwan. On y voit, entre autres choses, une personne qui tente d'échapper au brasier au moyen de cordes mais qui, malheureusement, se laisse mal glisser et heurte plusieurs balcons en fer forgé avant de tomber lourdement par terre.

On y voit aussi une mère avec son jeune enfant agrippé à son coup, qui tente elle aussi de se laisser glisser le long des cordes. Malheureusement, on aperçoit ce jeune enfant d'environ 4 à 5 ans glisser et se heurter la tête lourdement contre les mêmes balcons avant de retomber par terre. L'enfant nous dit-on, est dans un état critique.

Un peu plus tard, sur les ondes de RDI, nous avons droit à cette autopromo mettant en vedette Pascale Nadeau nous disant (ce ne sont pas les mots exacts, mais la substance y est, croyez-moi): "Vous (le public) voulez voir des images, mais en même temps, vous nous demandez d'être respectueux et décent dans ce que nous vous montrons, et ça, nous le respectons."

Je sais bien que Madame Nadeau n'y est pour rien dans le choix de ces images, et qu'elle aurait probablement piquée une sainte colère si elle avait vu de telles images précéder la publicité la mettant en vedette mais, il est impossible de passer sous silence cette importante (indécente?) dichotomie entre l'autopromo et le reportage d'aujourd'hui.

Seconde observation. Mon propre journal, le Devoir. Mon journal que j'aime et respecte.

Peu de temps après la mégapanne d'électricité ayant frappé le nord-est du continent, le Devoir publiait dans la page Idées une lettre de Jean-Marc Carpentier portant le titre "L'électricité au Québec - Un changement de cap s'impose." Au début de cette lettre, on précise que Jean-Marc Carpentier est "journaliste et vulgarisateur scientifique, spécialisé en questions énergétiques". Effectivement, Jean-Marc Carpentier a été un des grands journalistes scientifiques au Québec et il me semble que son texte apportait de l'eau... au barrage. ;-).

Je trouve toutefois DÉSOLANT que l'on ait pas précisé que Jean-Marc Carpentier était le promoteur d'un mini-centrale électrique, qu'il ait reçu trois millions de compensation afin qu'il retire son projet controversé qui a même eu des répercussions lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale mettant en vedette un citoyen.

J'ose croire qu'il s'agit que d'une simple erreur.

*Soupirs*

Posted by Michel Dumais at août 31, 2003 08:34 PM | TrackBack
Comments

Ça devient difficile de démêler "l'information" qui n'est pas teinté (avec des lunettes de soleil parfois...). Des fois, il me semble que des gens veulent d'abord être divertis et par ricochet, être informer...

Posted by: Jocelyn H. on août 31, 2003 10:14 PM

M. Dumais,

Ca vous donne quoi de poster un lien (link) vers des articles du Devoir qu'on ne peut pas lire si l'on n'est pas abonné $$ ?

Est-ce que vous recevez une comission sur les abonnements ainsi générés?

Posted by: Roger on août 31, 2003 10:48 PM

Je crois qu`il met les liens tout simplement pour les abonnés.

Posted by: thierry on août 31, 2003 11:32 PM

Reponse a cette question drôlatique m'sieur Roger: Non, je ne reçois absolument rien. Nothing. Nada. Niente. Zip. Zilch. Comme aucun journaliste/chroniqueur au Devoir. Et pour les collaborateurs comme moi, il y a encore moins de chance de voir une quelconque petite pièce tomber dans mon escarcelle. Cela règle donc la première question.

Deuxio, pourquoi poster des articles du Devoir dont on ne peut voir que le titre et le premier paragraphe? Tout bêtement pour illustrer que mon journal ne peut pas dire qu'il ne le savait pas. Et pour le lecteur le moindrement perspicace qui n'est pas abonné, le titre et le premier paragraphe sont déjà très éloquent.

Cependant, un lecteur curieux d'en savoir plus aurait pu aussi faire une recherche avec Google pour en savoir plus. Par exemple:

http://makeashorterlink.com/?Y348122C5

J'espère que ces réponses vous satisferont.

Cordialement

MD

Posted by: Michel Dumais on août 31, 2003 11:53 PM

C'est ce que j'appelle le mélange des genres ou quand les médias deviennent plus coupables des non-dits que de ce qui est dit.

J'avais noté ce manque de complément d'information au sujet de l'article de Jean-Marc Carpentier lorsque celui-ci est paru.

Pour de ce qui est de Radio-Canada, la mise en garde, avant la présentation de la nouvelle, ne s'est pas pas faite pour chaque présentation de cette nouvelle. Dans l'édition du Monde, une telle mise en garde n'a pas été faite. J'ai trouvé dommage que RDI tombe dans ce type de voyeurisme. Je pense qu'il est possible de bien informer, sans censure, sans être obligé de nous montrer les détails les plus sordides.

Posted by: Yvan Lemay on septembre 1, 2003 07:18 AM

Concernant l'article de Jean-Marc Carpentier je trouve que ca reflette le language d'un citoyen fesant partit de la minorité riche de notre société en ce sens qu'il ne considère pas les gens pauvres qui déjà règle leur chauffage au minimum l'hiver (eux ne font pas de sur-consommation)pour arriver dans leur budget et aussi il ne fait pas mention de la riche industrie que sont les Alumineries pour citer comme example ALCOA qui paye seulement 3cents sont KW/h et qui représente environ 20% de la charge sur le réseau d'Hydro-Québec.

Les baisses d'impôt promise vont simplement grossir le portefeuille des riches et apauvrir encore plus les gens pauvres et faible de notre société. (méfions-nous des gens qui cherche à nous cacher les véritées ou qui sont aveuglé par leur argents)

À bon entendeur salut.

Posted by: Pierre Poisson on septembre 1, 2003 10:43 AM

Concernant RDI, il y a bien longtemps que cette "auto-promo" mettant en vedette Pascale Nadeau me fait bidonner. L'information n'est plus de l'information, c'est un PRODUIT. On le VEND donc en conséquence; la compréhension du public compte de moins en moins (si le public comprend mieux, tant mieux, sinon...), ce qui compte, c'est que ça VENDE. Ça fait déjà un bon bout de temps que la plupart des médias dit "nationaux" ont suivi la vague Quebecor en mettant en manchettes les exploits de Formule 1 et de Céline Dion plutôt que de poser des questions, d'expliquer des enjeux. On laisse ça aux émissions d'affaires publiques, et encore...
Quant au Devoir, là comme ailleurs, ils doivent bien manquer de monde pour faire le boulot... Ah! rentabilité, quand tu nous tiens...

Posted by: Richard Daigle on septembre 2, 2003 08:57 AM
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